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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, Dieu                     Derrida, Dieu
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2016, Page créée le 29 août 2005 L'oeuvre derridienne signée : tout - autre

[Derrida, Dieu, le nom de Dieu]

L'oeuvre derridienne signée : tout - autre Autres renvois :
   

Derrida, athéisme

   

Derrida, religion, théologie

   

Derrida, sa Cabale cachée

Derrida, judaïsme, judéités

                 
                       

1. Un héritage de la tradition (voir aussi : religion).

Dieu est au moins double :

- Le Dieu de la religion. Dans les cultures indo-européennes, il est associé à la lumière en tant qu'elle commande et qu'elle commence. Pour témoigner d'une vérité, quelle qu'elle soit, pour en attester, il faut invoquer un tel Dieu (présent ou absent) comme Père du Logos, source du langage et de la raison, juge suprême. C'est le Dieu qui rend crédibles nos actes en les contresignant, l'ultime instance qui garantit ce qui doit être.

- Le nom de Dieu. Mais ce Dieu de la religion est aussi un nom propre imprononçable, inaudible. Pour le dire, il faudrait une autre langue, une autre syntaxe, d'autres noms - qui peut-être ne nommeraient pas Dieu - il faudrait une autre interrogation, qui n'appartienne à aucun livre. On ne pourrait le réinventer qu'en déjouant toute réappropriation, par un appel à la singularité irréductible de chaque situation. Mais alors c'est l'écriture qui viendrait à la place de ce nom, c'est elle qui apparaîtrait comme séparation et différence.

Le secret de Jacques Derrida, c'est qu'à chaque fois que nous nommons ou signons, c'est Dieu qui, en secret (d'un sceau indéchiffrable), signe à notre place. De même, à chaque fois que nous traduisons, ce qui est "à-traduire" est un savoir divin, inaccessible. Et pourtant le philosophe (ce traducteur) ne renonce pas à la tâche illimitée : produire d'autres suppléments de langue, qui suppléent à ce savoir en retrait.

 

2. Non-réponse, silence, retrait (voir aussi : athéisme).

En tant que souverain absolu, Dieu a droit à l'irresponsabilité, il ne répond pas. C'est le silence de la voix divine (Moïse brisant les Tables de la loi qu'il vient à peine de recevoir), la violence immémoriale du vide. Pour l'homme moderne, cette non-réponse (qui est aussi celle de la mort, ou encore de la bête, ou encore de l'ordinateur) est insupportable. Il cherche des substituts (la poésie, le cri, l'écriture). Il faut composer avec ce silence (comme avec la mort), s'allier avec cette puissance divine, la faire survivre comme souveraineté politique, au-dessus et au-delà du droit.

Pour m'adresser à lui, je dois lui prescrire de rester libre, lui laisser le pouvoir de répondre ou de ne pas répondre.

Le paradoxe, c'est que seul ce Dieu radicalement absent pourrait être totalement présent, avec une parole totalement vive. Mais sa voix ne dirait rien. Tout au plus pourrait-elle pleurer.

Chaque expérience de ce qui se retire - par exemple le trait du dessin - opère comme un Dieu invisible.

 

3. Nomination, langage.

Dans la Genèse, Dieu laisse à l'homme le pouvoir de nommer. Il s'abandonne à la nouveauté de ce qui, par l'homme, va arriver.

Le récit biblique de la tour de Babel est l'un des coeurs tremblants du rapport de Jacques Derrida à Dieu. En clamant ce nom, qui peut se traduire par confusion, Dieu interrompt les généalogies. Il déclare la guerre à la langue unique. Il impose de traduire d'une langue à l'autre - y compris l'intraduisible. Il exige qu'on modifie, qu'on transforme les langues.

Il y a toujours de la violence dans la puissance divine. Il faut à la fois l'exclure, la forclore, la dénier, et lui sacrifier le vivant.

 

4. Le tout autre (voir ici).

On retrouve dans les initiales d'Emmanuel Lévinas (E.L.), à la fois le nom de Dieu et celui du féminin (Elle) : un surcroît d'altérité, celui du Cantique des Cantiques, qui aura été dit par Lévinas dans son oeuvre, mais dont on ne peut pas parler dans le langage courant. C'est la thématique de la théologie négative, qu'on retrouve aussi dans la Khôra de Platon, ce lieu an-humain, a-théologique, qu'on peut rapprocher du maqom des Juifs.

Toute phrase négative est déjà hantée par Dieu ou par le nom de Dieu, qui nomme l'hétérogène, l'incommensurable, le "sans cause". Peu importe s'il existe (ou non), il a lieu dans la langue, dans un lieu sans être et sans lieu. Cette topique (ou atopique) n'est pas intelligible. Elle est folle, insensée. En priant, en s'adressant à l'autre comme autre, on lui demande de donner la promesse de sa présence. La cause de la prière n'est pas l'attente d'une réponse, mais cette demande.

 

5. (écrivains)

De cette duplicité divine, James Joyce a joué avec ses machines d'écriture qui, dans le même temps, signent et contresignent le nom de Dieu, déclarent et déconstruisent le commencement.

 

6. Le Dieu des Juifs, de la torah, de la Cabale, qui parfois chez lui se cache.

Jacques Derrida se proclame marrane : il continue à prier ce dont il a tout oublié. Dans son errance en des lieux désertés par Dieu, ses prières n'ont plus de destination.

S'il a qualifié sa recherche de déconstruction, c'est peut-être pour la rapprocher d'autres tentatives aussi désespérées. On peut citer comme exemple, que lui n'aura jamais cité, le brassage des lettres par Abraham Aboulafia.

 

 

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Propositions

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"Yhvh parlant face à face avec Moïse" : telle est l'expérience nue de la présence totale à laquelle nous n'avons jamais accès, ni par le visage, ni par la voix

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L'écriture vient à la place du nom de Dieu - dans une dérive graphématique, ultime et irremplaçable

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Pour parler du nom de Dieu, il faut inventer une autre langue et une autre syntaxe

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Tout témoignage, serment, attestation ou adresse engendre et invoque un dieu auquel promettre la vérité

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[Dans la notion indo-européenne de Dieu (le lumineux, le céleste), la lumière commande et commence le discours]

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Dieu demande la traduction car, pour commander, la loi doit être lue et déchiffrée; il pleure après la traduction de son nom, alors même qu'il l'interdit

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Donner le nom, c'est encore sacrifier du vivant à Dieu

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En laissant à l'homme solitaire et souverain la liberté de nommer les animaux, Dieu s'abandonne à la radicale nouveauté de ce qui va arriver : le pouvoir de l'homme à l'oeuvre

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"Il faut traduire" : cette traductibilité illimitée, générale, c'est la tâche de la philosophie comme supplément du monde

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Ce qui s'appelle Dieu est ce qui, en secret, nécessairement et souverainement, signe à ma place d'un sceau indéchiffrable

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Dieu est le nom de l'ultime instance, l'ultime signature qui garantit ce qui doit être - et qui doit être un nom propre

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Dans la religion comme dans la raison, un "Je promets la vérité" est toujours à l'oeuvre, où déjà la place de Dieu - celle du témoin - est invoquée ou convoquée

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Dieu est le témoin absolu que, même en son absence, on prend à témoin; le nommer, même d'un nom imprononçable, c'est l'appeler

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Dieu a lieu en un lieu sans être et sans lieu, un lieu qui n'est pas Dieu, une atopique inintelligible, insensée, folle

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Dieu apparaît comme ce qu'il est dans la différence et dans la dissimulation

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Toute phrase négative est déjà hantée par Dieu ou par le nom de Dieu, qui nomme l'hétérogène, l'incommensurable, ce sans quoi l'on ne saurait rendre compte d'aucune négativité

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Quand manque la voix de Dieu ou du poète, il faut se contenter de ces vicaires de la parole : le cri et l'écriture

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La prière, expérience essentielle du discours chrétien, s'adresse à l'autre comme autre, en ne lui demandant rien d'autre que de donner la promesse de sa présence

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La définition la plus profonde de l'absolue souveraineté - celle du souverain et aussi celle de Dieu et de la mort -, c'est qu'elle ne répond pas, elle a droit à l'irresponsabilité

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Pour pouvoir m'adresser à l'autre - penseur, messie ou Dieu lui-même -, je dois lui prescrire de rester libre, de pouvoir ne pas répondre à mon appel

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Si Dieu est une voix, elle me parle pour ne rien dire

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Dieu se terre à mort en moi par la violence du vide

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Se référer à Dieu, c'est en appeler à la singularité irréductible de chaque situation : une justice sans droit

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Pour Dieu seul, la franchise de l'expression est du côté de la parole vive

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Dieu s'est séparé de soi en laissant le silence interrompre sa voix : son écriture commence avec les Tables, à la voix rompue et à la dissimulation de sa Face

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L'interrogation de Dieu n'appartiendra jamais à aucun livre

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Pour instituer la figure humaine et politique du souverain, il faut exclure Dieu et la bête, masquer l'onto-théologie, l'alliance entre ces trois figures au-dessus du droit

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Pour fonder l'ordre symbolique, la loi, la justice, il faut un lieu anhumain, exclu, forclos, dénié : une "divinanimalité" méconnaissable, quasi transcendantale

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Marrane égaré en des lieux désertés par Dieu, où il n'y a plus personne, sans savoir ni certitude, Jacques ou "Jacob" Derrida hérite de prières sans destination assurée

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[Les impouvoirs de l'oeil donnent au dessin sa ressource, quasi-transcendantale - que nomment aussi les discours de la théologie négative (retrait du dieu invisible)]

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De l'autre côté de l'écran d'ordinateur, une sentence de mort est tenue en réserve, proférée par un interlocuteur retiré, invisible et sans visage

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Nos tâches : refonder les religions en s'en jouant, réinventer la circoncision, recirconcire ce qui se décirconcit, déjouer la réappropriation des langages par un Dieu-Un

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Le secret de Jacques Derrida, sa crypte, sa folie, c'est que dans sa signature est greffé le nom de Dieu

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Jacques Derrida déconstruit, comme Aboulafia, le nom commun de dieu (Adonaï) pour laisser la dérive du nom suivre son cours (Yhvh)

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Ce qui fait oeuvre chez Joyce, c'est qu'il a signé et contresigné le nom de Dieu

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L'événement d'écriture de Joyce, c'est que la marque fait loi : son contenu essentiel est la lettre inaudible, imprononçable, intraduisible

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Par ses mots écrits en plusieurs langues, James Joyce joue de la lettre inaudible comme du nom de Dieu : il déclare et déconstruit le commencement (Yahwé/he war)

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L'Oeuvre de Lévinas, signée "Il", est dictée en secret par un surcroît d'altérité non dite : l'hétéronomie absolue du "Elle" qu'on retrouve dans son nom, "E.L."

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Le nom grec de khôra (le lieu), est en affinité profonde avec l'un des noms du Dieu des Juifs : le Lieu

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La constance de Dieu dans ma vie s'appelle d'autres noms, si bien que je passe à juste titre pour athée

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