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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Singularité de la Shoah                     Singularité de la Shoah
Sources (*) : Ctp, le Contemporain               Ctp, le Contemporain
Melissa Makantobina - "Laisser les hantises", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 7 février 2007

 

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[Tout ce qu'on peut dire de la Shoah n'effacera jamais sa singularité absolue]

Autres renvois :
   

Qu'est-ce qu'être juif?

   
   
                 
                       

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1. Singularité.

Il y a eu beaucoup de massacres au 20ème siècle, et beaucoup d'événements tragiques, mais la Shoah n'est pas un événement comme les autres. Dans le pays qui passait à l'époque pour le plus avancé d'Europe - voire du monde, et qui a mobilisé tous les moyens de la technique moderne dans ce but prioritaire, s'est produit l'événement central de ce siècle. Il est incompréhensible, mais sans lui, on ne comprendrait rien. C'est un événement décisif, une coupure qui a fait vaciller l'humain en tant que tel et dont aucune institution - politique, culturelle ou religieuse - n'est sortie indemne. Sa singularité est absolue. Arrivée en dehors de toute loi, la Shoah n'est ni visible, ni représentable, ni même racontable. Tout au plus peut-on la rendre lisible - et encore, cette lecture est soumise à des conditions irréductibles.

 

2. Deuil impossible, survivre.

Il faut faire l'histoire de la Shoah, il faut proposer des explications rationnelles, plausibles comme on l'a fait pour d'autres grands événements comme par exemple, pour les Juifs, l'expulsion d'Espagne. Mais l'explication rationnelle butera toujours sur un impossible, une limite de l'ordre de la pulsion de mort. On ne peut pas faire son deuil de la Shoah, on ne peut en parler qu'en silence.

Après la Shoah, il n'y a plus que des survivants. Les souvenirs de ceux qui en ont réchappé se sont figés. On ne revient ni de la mort, ni de l'oubli, et ce qu'on peut en dire aujourd'hui, dans la présence, n'est qu'un simulacre (comme l'a exprimé le grand film de Claude Lanzmann, Shoah, qui n'a montré du passé que ce qui est encore présent et a lancé l'usage d'un mot). On ne peut la transmettre que comme un secret indicible. Et même si cette volonté de rester dans l'irreprésentable respecte, elle aussi, des normes instituées, il n'y a pas d'autre choix.

 

3. Représentation.

Un objet absolument autre ne peut être qu'absolument absent, absolument soustrait à l'esthétisation. Adorno l'a dit depuis longtemps : Plus de poésie après Auschwitz. Mais l'art doit-il se retirer? Ou au contraire, n'y a-t-il que l'art qui, à sa façon (sans représentation) puisse prendre silencieusement la Shoah pour objet, justement parce qu'elle est irreprésentable? Toute l'oeuvre de Paul Celan depuis sa Fugue de mort va dans ce sens.

 

 

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Propositions

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La radicalité éthique hérite de la radicalité moderniste l'idée d'un temps coupé par un événement décisif : la Shoah (qui remplace la révolution à venir)

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L'expérience concentrationnaire est celle d'une société sans loi, dans laquelle les maîtres exercent une domination directe et absolue

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L'ultime sentiment qui reste au déporté est la revendication d'appartenance à l'espèce

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Ce n'est pas Dieu qui est mort à Auschwitz, c'est l'homme

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De la Shoah, aucune institution religieuse au monde ne sortit indemne, immune, saine et sauve

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De la Shoah, on ne peut parler qu'en silence, sans en parler, dans l'expérience extrême d'un deuil impossible

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Un frère mort, disparu, peut gouverner une vie et peut aussi induire une philosophie ("Un secret", film de Claude Miller, 2007)

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On dit que la mémoire de la Shoah est saturée : la désaturer, c'est la rendre lisible comme événement singulier

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Les camps de la mort se caractérisent par la disproportion entre l'expérience vécue et le récit qu'il est possible d'en faire

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Un art de l'irreprésentable est un art qui interdit certaines représentations en fonction de normes

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Seule une oeuvre d'art peut représenter la shoah, car seule une oeuvre d'art peut représenter l'irreprésentable

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On ne peut raconter la Shoah que sans remuer les lèvres

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[Ecrire un poème après Auschwitz est barbare, car toute culture consécutive à Auschwitz n'est qu'un tas d'ordures]

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Samuel Fuller a vu l'ouverture des camps nazis : en conséquence la figure centrale de ses films n'est pas celle du héros, mais celle du survivant

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Pour Nicolas Roth comme pour Imre Kertész, la vie s'est arrêtée avec la déportation : ses souvenirs se sont figés, et toute la vie ultérieure n'est qu'une survie qui interdit l'oubli

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Le film "Shoah" est le grand événement artistique du 20ème siècle, parce qu'il invite à regarder l'Absence

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"Shoah" de Claude Lanzmann est une oeuvre d'art car elle est soustraite à l'esthétisation

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Lorsqu'il se confronte à l'histoire et à la guerre, l'art contemporain tend vers des stratégies du retrait, de l'invisibilité et du silence

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Le cinéma est le simulacre absolu de la survivance absolue : il nous raconte ce dont on ne revient pas, la mort

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Avec l'expulsion d'Espagne en 1492, les Juifs ont eu conscience que quelque chose de radicalement nouveau avait eu lieu, qui justifiait un récit historique

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"Fugue de mort" (Todesfuge) (Paul Celan, 1945)

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Récit de la déportation d'Esther et Michel Klein, nés respectivement le 11 juin 1876 et le 11 novembre 1872 (convoi n°53 du 25 mars 1943), par leur fils Willy Klein

 

 

 


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