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L'énigme de la figure                     L'énigme de la figure
Sources (*) : Une mémoire hante l'image               Une mémoire hante l'image
Georges Didi-Huberman - "Fra Angelico, Dissemblance et figuration", Ed : Flammarion, 1995, p12

 

Saint Dominique embrassant la Croix (Fra Angelico, 1442) -

L'image chrétienne imite l'infigurable

Fra Angelico nommait "figurae" les taches dont il parsemait ses oeuvres : zones destinées à susciter en notre mémoire le plus profond mystère

L'image chrétienne imite l'infigurable Autres renvois :
   

A partir de Fra Angelico

   
   
Les traces de Fra Angelico Les traces de Fra Angelico
En art, la figure défigure               En art, la figure défigure    
                       

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Il y a un postulat de la peinture de la Renaissance, selon lequel elle imite l'aspect visible des choses. C'est ce postulat qu'il faut questionner devant les taches de Fra Angelico. Figurer une chose pour Fra Angelico, c'était déplacer son aspect, dans l'équivoque et la dissemblance. Le multicolore, le sans figure, sont investis des puissances de la signification. Ce n'est pas abstrait, mais matériel. L'élément fondamental est celui du mystère : celui de l'incarnation, c'est-à-dire le verbe divin prenant chair dans la personne de Jesus-Christ.

Les figurae sont pour Didi-Huberman des signes picturaux pensés théologiquement. Ils appartiennent au monde de l'exégèse, d'une production toujours renouvelée du sens sacré. L'ordre naturel est tiré vers celui du mystère, d'une poétique productrice d'énigmes. Cet acte pictural produit la mémoire du mystère de l'incarnation.

Figura s'oppose à storia - ce qui est le contraire de l'usage courant du terme "figure" (au sens de "figuratif"). Il peut y avoir de la figura dans les fonds (par exemple le rouge-stigmate, entre les fleurs et la plaie christique). Les zones non figuratives dans la peinture dévote de Fra Angelico, zones de relative défiguration, sont des figures de ce type. Cette peinture doit être pensée dans les termes d'une pratique de l'extrêmité, difficile, subtile. Ces zones sont entre-deux, entre plusieurs statuts iconiques.

Des surfaces colorées, bariolées, transitent de lieu en lieu chez Angelico. Elles surgissent comme des extravagances, des symptômes. On les trouve par exemple dans la Sainte Conversation de Fra Angelico dans le couvent de San Marco à Florence - à condition de la regarder sur place car elles sont occultées dans les reproductions - ou dans d'autres oeuvres comme la Crucifixion ci-contre.

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Ce tableau est un acte de dévotion. L'anachronisme de Saint Dominique à côté du Christ montre que Fra Angelico ne cherchait pas à raconter une "histoire" (istoria au sens d'Alberti), mais une Transfiguration. L'inscription des Médicis qui avaient financé la reconstruction du couvent compte moins que le fond bleu du tableau, trace de la présence divine.

Ce tableau était placé à l'entrée du cloître San Marco, le couvent dominicain auquel Fra Angelico était rattaché. Les frères l'avaient plusieurs fois par jour dans leur champ de vision. Saint Dominique, plus grand que nature, embrasse la Croix. Ses yeux sont baignés de larmes. La Croix est maculée d'un sang peint à l'hématite - comme dans d'autres fresques du couvent.

 

 

Les frères sont invités à s'agenouiller devant le corps du Christ, raccourci par la perspective.

 

 

 


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