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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, l'autre                     Derrida, l'autre
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2016, Page créée le 1er avril 2006 L'oeuvre accueille l'autre en elle

[Derrida, l'autre]

L'oeuvre accueille l'autre en elle Autres renvois :
   

Derrida, le tout-autre

   

Derrida, l'hospitalité

   

Autrui, l'autre, le prochain

                 
                       

1. L'autre, évoqué.

Avant tout lien social, toute parole, tout langage, dans un lieu désertique dépourvu d'orientation, de route, de chemin, un lieu vide, originaire, plus originaire encore que l'archi-originaire, s'ouvre la possibilité d'une révélation de l'autre (ou révélabilité). Cet autre invisible a toujours été là comme un ami silencieux, un ami qui oblige à tendre l'oreille, ouvre à l'audition, au sens et à l'appartenance. Depuis toujours, cet autre aura déjà dit "oui". Il aura fallu répondre à cette interpellation, le porter, lui faire crédit, s'engager, signer - c'est l'acquiescement le plus originel, le plus fondamental, et aussi le plus inconditionnel. Depuis toujours, il aura fallu s'inscrire entre deux oui : celui qui s'adresse à l'autre pour lui demander de dire "oui", et le "oui" de cet autre, qui aura déjà été impliqué dans le premier "oui". Il aura fallu le respecter, lui faire confiance, s'engager devant lui, accepter son témoignage. Le porter, c'est s'adresser à lui, donner à sa voix une portée, et c'est aussi l'accueillir, le soutenir, le mettre en oeuvre. Ansi tout vivant, dès le premier matin, accueille et porte auprès de lui, chez lui, en lui et aussi hors de lui un autre hétérogène, singulier. Même s'il n'en retrouve plus la trace avec certitude, il en reste un sillage qu'il entend. S'il s'efface, s'il se perd, il le porte à nouveau. Quels que soient les ratures, les défaillances ou les manques, l'autre est présent, mais comme absence, dissimulation, détour.

On peut l'évoquer sous de multiples figures. Exemples : un ami mort dont le souvenir résiste au deuil, une feuille qui se replie sur elle-même, la marque d'un espacement ou d'un déplacement, un support ou un fond qui résiste, se fait subjectile, un lieu à partir duquel penser (par exemple la philosophie), ou encore un texte, un ouvrage, une production, une photographie (sous l'aspect du "référent"), n'importe quel artefact. En lui accordant crédit, c'est la différance que j'accueille en moi. Avant toute décision, toute responsabilité, je m'inscris dans un lieu courbe, énigmatique, une alliance, un rapport dissymétrique, incontrôlable et incontrôlé. Dès que je parle en mon nom, c'est lui qui apparaît comme tel; et si je le combats, je me combats moi-même (auto-immunité).

 

2. L'autre irréductible.

Bien que cet autre s'écrive avec un petit a, on ne peut le confondre avec un prochain, ni avec autrui. Il n'a ni visage, ni genre, ni nom. Imprévisible, incalculable, il est celui qui, sans même être présent, promet, donne, décide de la loi, de l'amitié, de l'amour, soutient les croyances et la vision. Il est aussi celui qui menace, fait peur et entretient l'angoisse. Son altérité résiste à toute intériorisation, subjectivation, idéalisation. Il ne peut même pas être posé. On peut toujours tenter de s'y identifier, aucun trait ne l'épuise. Il reste indivisible, absolument irréductible. Son identité ne se ferme pas sur elle-même.

Dans le texte métaphysique (le texte courant, celui de la présence à soi), une trace impensable est inscrite, oubliée. Chaque fois que je parle, que je m'entends parler, par auto-affection, je fais l'expérience d'une transgression. J'appelle l'autre texte (innommable, informulable) qui excède le texte courant. Chaque fois que je me touche, je touche aussi un autre. Il s'imprime en moi comme une autre présence. Présent/absent, il est spectral, ni vivant ni mort. Je ne m'adresse à lui qu'indirectement (par hantologie plutôt que par ontologie).

Dans toute pensée allégorique, qui dit autre chose que ce qu'elle dit, il y a de l'autre. Une mémoire résiste en elle, préoccupée par une trace irréductible qui défie toute appropriation. Dans toute écriture, cette marque illisible, indéchiffrable à elle-même, porte en elle son autre (re-marque). On ne pourra la déchiffrer que selon une autre loi, depuis la place de l'autre qui est celle où "Je suis mort". Il surgit du dehors, salutaire et dangereux comme un pharmakon. Ni incorporé, ni introjecté, il reste en moi. Je ne peux pas en faire le deuil; sans lui, je ne pourrais pas survivre.

 

3. L'autre qu'on accueille.

Aucune théorie du sujet ne peut rendre compte d'une décision. Chaque décision est un commencement absolu, une exception qui ne vient pas de moi, mais de l'autre en moi. Si l'autre était entièrement programmé, s'il suivait toujours les règles d'un algorithme pré-établi, il ne pourrait y avoir aucune décision - ce serait la loi du pire, le mal radical. Il faut donc que l'autre reste libre, je l'affirme, je le prescris. Ainsi chaque décision, chaque prise de responsabilité, est un don qui ne se fait pas en mon nom, mais au nom de celui auquel je m'adresse (l'autre).

Quelle est la meilleure manière, la plus respectueuse et la plus donnante, de se rapporter à l'autre? Aucune règle définitive ne donne la réponse. Tout ce qui prétend à l'universalité, qu'il s'agisse d'apprendre à vivre, du bien manger ou du juste, s'adresse toujours à la singularité de l'autre. La justice puise sa source dans la singularité. Elle devrait inventer, chaque fois, une règle, elle devrait chaque fois s'adresser à l'autre dans sa langue, chaque fois s'interroger sur les limites de son appareil conceptuel, chaque fois se demander d'où elle vient, dans quel idiome elle parle, quelles sont ses déterminations et son héritage. Chaque fois, elle devrait s'affranchir de son savoir.

Avec les principes dits inconditionnels, c'est à cet autre irréductible que j'ai affaire, pas à celui de la vie courante. Exemples : dans la visitation, quand je me transforme pour lui, au risque de perdre mon identité; dans l'hospitalité, quand j'évite toute question sur lui; dans l'amitié, quand je reconnais, dans l'ami, la préséance de l'autre (voire de l'autre comme tel); dans la tolérance, quand je me retire devant la distance de l'altérité infinie; dans l'exigence de justice, devant la demande muette, infinie, insupportable, de l'autre qui implore; dans l'ouverture messianique, quand je dis "Viens" à l'autre. Cette loi hétéronomique, qui est celle de l'autre homme (ou de l'homme autre, celui qui accepte l'indétermination) ou de l'éthique à venir, est aussi celle du deuil (penser la relation à la mort d'autrui).

Mais l'autre peut aussi menacer, empoisonner, faire trembler. Il est aussi l'ennemi, la source de l'infection qui peut fasciner et aussi faire peur, paralyser.

 

4. On ne peut ni avouer, ni partager son secret, mais on peut l'inventer.

L'autre, absolument solitaire, témoigne d'un secret gardé en lui. Par serment, il exige que ce secret soit préservé, protégé. Dans la vie courante, il ne saurait être ni avoué, ni partagé - sauf de manière chiffrée, encryptée, comme un schibboleth.

L'autre n'est jamais évident. Il faut l'inventer - par l'émergence d'un mot ou d'une image, comme dans la psychanalyse ou la photographie, ou par l'arrivée d'un événement imprévu, inouï, un surgissement dans la poésie ou dans l'art. Ce qui surgit alors n'est pas l'autre qui est déjà inscrit dans la langue. C'est une extériorité incalculable, oblique, qui se dit dans une autre langue, une autre syntaxe. On peut parler de talent, de hasard ou de génie; mais même de cela, on n'est jamais sûr.

L'autre est donc aussi l'oeuvre de l'autre. Une puissance peut la faire venir à la lumière, celle qu'Hélène Cixous, pour la littérature, a nommée "toute - puissance - autre". Aporétique, cette puissance garde le secret tout en laissant parler ce que l'autre a de plus proprement sien : son propre temps. Pour l'oeuvre ou le poème qu'aucun monde ne peut soutenir, elle porte un monde. Quand je pense, je pense l'autre. On ne peut le dire qu'en tremblant, dans le battement de coeur de l'aimance ou dans le silence de l'amitié.

 

5. L'autre et le tout autre.

Il faut aimer l'autre, mais comme absent (c'est ainsi qu'on peut interpréter le prépuce, ce reste de la circoncision).

L'autre de la déconstruction n'est ni le Grec, ni le Juif; c'est l'autre du Grec et du Juif, et aussi le Juif en tant qu'autre.

Dans tout autre, il y a un tout-autre infini, absolu, qui ouvre une dissymétrie infinie.

 

 

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Propositions

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L'espacement est l'impossibilité pour une identité de se fermer sur elle-même : c'est l'irréductibilité de l'autre

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La différance est l'accueil de l'autre en-dedans

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Avant toute responsabilité, toute contresignature, nous sommes pris dans une socialité originaire : la courbure hétéronomique et dissymétrique d'un rapport à l'autre

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Un "oui" primaire, incompréhensible et ineffaçable, marque avant la langue et dans la langue qu'il y a de l'adresse à l'autre

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Il n'y a pas d'éthique sans présence de l'autre comme absence, dissimulation, détour, différance

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Travaillée par une division, l'opération d'auto-affection accueille l'autre

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La pliure est une auto-affection : chaque pli déterminé se plie à figurer l'autre et à re-marquer ce pli sur soi de l'écriture

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L'auto-affection du moi est comparable à l'onanisme : altérer la présence en restituant une autre présence qui n'est que représentation, supplément, altération

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Dans la structure générale de l'auto-affection, l'opération du touchant-touché accueille l'autre

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Un sujet n'est possible que par un double mouvement : une auto-affection qui, en lui, produit le monde - et la répétition immédiate en l'autre du "s'entendre-parler"

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Chacun écoute, près de lui, à travers l'oreille, la voix d'un autre singulier qui, en tant qu'ami, lui dicte un sens et le fait venir à l'appartenance

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On ne peut retrouver la trace singulière, originaire, archivante, celle de l'autre en soi, car à l'instant de son impression, elle ne se distingue pas encore du support

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Le moi vivant est auto-immune : il accueille l'autre en-dedans et dirige, pour lui-même, ses défenses contre lui-même

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Un "oui" de l'autre précède toujours déjà, pré-originellement, le "oui" à l'autre - cette réponse qui ouvre à l'infini de l'autre, l'accueille, lui répond

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Le spectral, ce sont ces autres, jamais présents comme tels, ni vivants ni morts, avec lesquels je m'entretiens

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En disant "Oui", je m'engage et je signe, je réponds à l'interpellation d'un autre en lequel je crois

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[Derrida, l'identification]

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"Apprendre à vivre", c'est respecter la loi de l'autre (promesse et fidélité) selon la triple anagramme : respect, spectre, sceptre

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Structurellement, toute décision signifie l'autre en moi, c'est un commencement absolu qui fait exception de moi; aucune théorie du sujet ne peut en rendre compte

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Pour qu'une décision soit responsable, il faut qu'elle soit libérée du savoir, qu'elle soit donnée au nom de l'autre - c'est ce qu'on appelle la liberté

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Le secret tient toujours à la violence ou au pouvoir de quelqu'un : il suppose un serment, un engagement devant l'autre qui, en tant que tel, l'exige souverainement

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Pour pouvoir m'adresser à l'autre - penseur, messie ou Dieu lui-même -, je dois lui prescrire de rester libre, de pouvoir ne pas répondre à mon appel

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L'arrivée de l'autre est toujours incalculable

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Il y a deux sortes de justice : celle qui fait droit (calculable); celle qui ouvre la dissymétrie infinie du rapport à l'autre (incalculabilité messianique du don)

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Pour que l'autre reste l'autre en moi, il faut que le deuil soit impossible : ni incorporation, ni introjection

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L'amitié m'inspire une confiance plus grande en l'autre qu'en moi-même, une foi démesurée qui me met sous la loi de l'autre

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L'autre est celui qui ne partage pas avec nous son secret

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La philosophie de Jacques Derrida est la philosophie de l'"hétérogène en général", qui est la condition de l'hospitalité

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Une écriture est une marque déchiffrable par un autre : elle est constituée par son itérabilité

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La tâche urgente, c'est d'inscrire une trace dans le texte tout en faisant signe vers un autre texte

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L'itérabilité de la marque ne laisse intacte aucune opposition; elle porte en soi son autre, sa re-marque qui la parasite et lui interdit de sa rassembler auprès de soi, de se réapproprier

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Par une extension réglée du concept de texte, la dissémination inscrit une autre loi des effets de référence : dans le texte, le réel sort de son trou

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Jacques Derrida s'efforce d'interroger la philosophie depuis le lieu où elle se réfléchirait comme autre qu'elle-même, un non-lieu qui lui serait radicalement irréductible

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Pour parler du nom de Dieu, il faut inventer une autre langue et une autre syntaxe

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Dès que je parle en mon propre nom, l'autre apparaît comme tel, comme "tout autre" qui m'excède, me surprend, m'assigne liberté et responsabilité, sans me les laisser

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[Derrida, le pharmakon]

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"Oui oui"; tout discours est entre deux "oui", celui qui s'adresse à l'autre pour lui demander de dire oui, et le oui d'un autre, déjà impliqué dans le premier "oui"

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La pensée, comme mémoire pensante, défie toute appropriation; préoccupée par un autre irréductible, elle pense à la limite de l'intériorité

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Dans l'imprévisible surgissement poétique de l'art, de l'artifice ou de la liberté, se produit un événement inouï, impossible : l'invention de l'autre

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L'espacement ne désigne rien : c'est l'index d'un dehors, d'une hétérogénéité, d'un mouvement qui indique une altérité irréductible

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Dès lors que l'autre résiste, qu'il apparaît comme autre en-dehors de nous et en nous, nous sommes voués à la mémoire

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Le génie consiste peut-être toujours à se trouver au lieu de l'autre, comme l'autre à la place de l'autre

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"Autre" n'est ni une forme de présence, ni un être : c'est l'inscription de ce qui ne peut pas être posé

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Le subjectile est une figure de l'autre, il figure l'Autre

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En un lieu désertique, d'extrême abstraction, s'ouvre la possibilité du lien à l'autre en général, du lien fiduciaire qui précède toute communauté ou religion positive

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Le concept de trace est coextensif à l'expérience du vivant en général : dès qu'il y a renvoi à l'autre ou à autre chose, il y a trace

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En photographie, l'effet de réel tient à l'irréductible altérité d'une autre origine du monde dont émane un regard, en un point zéro de l'apparaître

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La justice s'adresse toujours à des singularités, à la singularité de l'autre, malgré ou en raison même de sa prétention à l'universalité

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Il faut penser l'événement à partir du "Viens" qui se dit à l'autre et qui ouvre un espace messianique

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La justice puise sa source dans ce qui doit se rendre à la singularité de l'autre : antérieure à tout présent, plus ancienne que la mémoire même, elle vient comme l'avenir

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A condition de s'ouvrir en tremblant au battement de coeur du "peut-être", l'aimance peut se produire comme décision hétéronome, don de l'autre

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La possibilité de l'amitié se loge dans la logique d'un cogito humain et fini : "Je pense, donc je pense l'autre"

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Dans l'hospitalité sans condition, l'hôte qui accueille évite toute question sur l'identité de l'autre

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La question posée par la loi d'hospitalité infinie : "Il faut bien manger", c'est : "Quelle est la meilleure manière, la plus respectueuse et donnante, de se rapporter à l'autre?"

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Il y a "visitation" (hospitalité pure) quand l'autre n'est ni invité, ni attendu, et que je dois me transformer pour lui

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Quand le visiteur arrive (au sens messianique), un autre absolument inattendu m'expose au danger de perdre mon identité

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Une logique du don rappelle l'amitié à la non-réciprocité, la dissymétrie, la disproportion, l'irréductible préséance de l'autre

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On peut désormais penser une "autre tolérance" comme scrupule, retenue, respect devant la distance de l'altérité infinie

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Là où s'achève un concept de l'homme, l'humanité pure de l'autre homme ou de l'homme autre commence comme loi de la loi - promesse messianique sans contenu

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La loi est fondée sur un événement performatif, une décision de l'autre dans l'indécidable, qui ne peut appartenir à ce qu'elle institue

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La topique de la crypte suit une ligne de fracture qui va d'un lieu où le mot-chose exclu, innommable, est gardé (non-lieu, hors-lieu, for) vers un autre lieu

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Chaque adresse à l'autre est un témoignage, un testament : seul l'autre peut assurer, par serment, la garde d'un secret qu'il ignore

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La scène du "Je suis mort" interprète des structures universelles, lisibles, et aussi quelque chose d'absolument illisible, accessible seulement depuis la place de l'autre

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Le poème, qui survit dans la solitude, se confie à la garde d'un autre qu'aucun monde ne peut plus soutenir, un autre responsable mais lui aussi absolument solitaire

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Par la poésie, il faut laisser parler ce que l'autre a de plus proprement sien : son temps - son propre temps, il faut le donner à l'autre

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Ce qui arrive chez Blanchot, c'est qu'il n'arrive pas au bout de son mouvement; avant d'aborder l'autre il tremble, il signe avec effroi son propre retrait, son pas vers l'autre est paralysé

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Une assurance qui détruirait d'avance la possibilité de s'adresser à l'autre comme tel, ce serait le mal radical; c'est ce sur quoi, avant tout, on ne désire ni ne doit pas vouloir compter

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Il faut, pour résister au mal radical, être en deuil de tout autre, "penser" le sens du monde dans une relation à la mort d'autrui

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Dans toute adresse à autrui, un témoignage est impliqué

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La demande de l'autre - muette, infinie, insupportable - n'est pas seulement une imploration, c'est aussi une figure de la loi qui exige la justice

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Pour dire l'altérité absolument irréductible de l'autre, il faudrait s'interroger sur ce que signifie "autre" avant les déterminations de l'heteros grec et de l'autrui judéo-chrétien

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Pour Rousseau, l'origine métaphorique du langage renvoie nécessairement à une situation d'angoisse, de déréliction et d'effroi devant la rencontre d'un autre menaçant

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Dès la naissance, on porte la responsabilité du crime de l'autre, d'un mal que personne ne saurait avouer, sauf à se confesser en confessant l'autre

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Pour en appeler à une politique de l'amitié, il faut s'adresser à l'autre comme tel - par la mise en oeuvre d'une force performative qui ne puisse compter sur aucune assurance

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L'altérité ou l'extériorité sont des concepts qui à eux seuls ne débordent pas la philosophie : il faudrait pour cela le mouvement inouï d'un autre qui ne serait pas son autre à elle

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L'oeuvre derridienne, autobiothanatohétérographique, est la mise en oeuvre de ce qu'il nomme "ma" circoncision

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La déconstruction, qui va toujours "avec" quelque chose d'autre, introduit dans tous les champs un principe de contamination, de transfert ou de traduction

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Schibboleth est la marque d'un pouvoir différentiel qu'il faut partager avec l'autre, mais qui ne se manifeste que crypté, indéchiffrable

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Le secret de la Littérature, cette "Toute-puissance-autre", c'est le secret même

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La vision de l'oeuvre est conditionnée par le regard ou la voix d'un autre, spectateur supposé qui est, lui, dérobé à la vue

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En photographie comme pour toute image, l'adhérence du référent ne se rapporte pas à un présent ni à un réel, mais à l'autre, chaque fois différemment

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S'il y a un art de la photographie, il donne droit à l'autre, il l'invente

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L'autre du portrait reste irréductible, il résiste à toute intériorisation, subjectivation, idéalisation

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Le "messianique", c'est laisser venir l'autre, s'exposer à la surprise absolue de sa décision, sans rien en attendre

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La pensée de la déconstruction n'est ni grecque, ni juive; et pourtant c'est une pensée de cet autre du Grec : le Juif en tant qu'autre

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Le mot circoncis "Schibboleth" est promis à l'autre, dans son absolue dissymétrie, pour qu'il passe la porte

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Sur l'oeuvre de l'autre, voir le film de Wenders : "Everything will be fine".

 

 


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