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Le dessin d'Adami, voix muette               Le dessin d'Adami, voix muette
Geminga Dorgès - "Le rien n'a pas de nom", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 22 septembre 2006

 

Reve d'une nuit d'ete - detail, 1983 -

Spectres vocaux

Adami figure la brèche vocale dans l'image

Spectres vocaux
   
   
   
                 
                       

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Il y a du vocal dans le dessin ou la peinture de Valerio Adami, mais ce vocal n'est pas le signe de la présence. La voix n'y est pas complètement absorbée. Elle est la marque de l'hétérogène, c'est-à-dire d'un sans-voix. Ses tableaux sont des brèches. Ils font émerger l'inarticulé, le disloqué, le disjoint. La brèche peut être figurée par une ligne, un mot, un titre ou tout ce fait trace.

Souvent, les personnages ont une posture énigmatique. Peints de profil, ils regardent ailleurs (en-dehors du cadre, mais sur une ligne qui lui est parallèle, dirigée ni vers nous, ni vers un quelconque point de fuite), de biais. Leur visage est comme absent. Les objets aussi ont une certaine façon d'être absents, comme s'ils avaient perdu toute idée de leur usage.

Il n'y a pas vraiment de cadre. L'image est coupée par son bord, comme un écran de cinéma qui ouvre vers un hors-champ. Cette coupure n'est pas seulement extérieure, elle passe aussi dans l'image qui est divisée, partagée en sous-espaces.

Les lieux sont impersonnels. Les êtres qui y sont dessinés les habitent à peine, comme s'ils se trouvaient dans une chambre d'hôtel. Ces lieux ressemblent aux villes d'Edward Hopper ou aux déserts de Giorgio de Chirico.

Les indices de vie sont rares, fragiles, indirects. Pourtant les personnages ne sont pas morts : ils sont entre-deux, comme des spectres.

 

 

Une peinture sans-voix n'est pas nécessairement muette. Pour accéder au sans-voix, il ne suffit pas de faire silence, il faut encore figurer le sans-voix, ce que l'on peut faire de manière abstraite ou concrète. Il y a mille façons de figurer le sans-voix, et Adami a trouvé son chemin propre.

Aussi violente soit-elle, la peinture d'Adami ne crie jamais. Elle n'est ni expressionniste, ni émotionnelle. Des bouches ouvertes, aucun cri ne jaillit. Aucune parole non plus. Il n'en sort rien : telle est la trouvaille d'Adami, son apport spécifique, autobiographique : les bouches rondes, faites pour ne pas articuler, y sont presque un manifeste. Cela signifie un certain rapport à la voix qui est poussée, souffle, appel, et en même temps conservation, engluement.

 

 

 


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