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John Fergusson - "Par-dessus le marché", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 29 avril 2007

 

La Cene, Publicite Girbaud (Brigitte Niedermaier, 2005) -

Image trouvée sur Internet.

Remake de la Cène de Léonard de Vinci, publicité pour Marithé et Françoise Girbaud (Brigitte Niedermaier, 2005)

   
   
   
                 
                       

 

Le 10 mars 2005, le tribunal de grande instance de Paris a interdit cette affiche. Elle n'avait pourtant été apposée qu'à un seul endroit, à Neuilly, sur une vaste bâche de 40x11m. Motivation du jugement : l'affiche constitue «un acte d'intrusion agressive et gratuite dans le tréfond des croyances intimes». Maître Thierry Massis, défendant les intérêts de l'épiscopat juge la démarche «blasphématoire», et parle de «dérision», de «dévoiement», «d'utilisation mercantile d'un acte fondateur».

Il est indéniable que le tableau de Léonard de Vinci est détourné de son sens. A la place du Christ vient une jeune femme qui nous accueille paumes en l'air. Mais où se trouve le blasphème? Regardez bien : ces femmes sont toutes absolument silencieuses, contrairement aux disciples représentés par Léonard de Vinci. Peuvent-elles blasphémer sans rien dire? Le fond de l'affiche est d'un gris uniforme (c'est une scène sans profondeur, indéterminée). Tous les symboles ont été retirés : ni croix, ni auréole, ni calice, ni hostie. Alors que les disciples du Christ sont unis par une commune indignation, alors qu'ils sont troublés par un questionnement, ces femmes ont l'air boudeur de la jeune fille éconduite. Après tout, le Christ statufié n'est-il pas lui-même une idole?

 

 

Les attitudes et les mouvements de ces filles joliment vêtues sont ceux de la vie ordinaire. Elle discutent, mais ne méditent pas comme le Jeune homme à la tête de mort de Cézanne. Aucune croyance ne s'effondre en elles à la façon de l'homme désespéré d'Edvard Munch. Tout se passe en surface. Leur univers est stable. Les couleurs sont belles, harmonieuses mais sans résonance. Elles sont entières. Elles partagent un même look. Le repos est purement fictif (diététique oblige, l'abondance de la table du Christ contraste avec la frugalité de celle-ci). Aucune stupéfaction ne les saisit comme dans la Cène de Vinci. La fille du centre est-elle, comme Jesus, au seuil du sacrifice suprême? Sa posture porte-t-elle une transcendance? Elle semble plutôt répéter un geste de yoga. Seul l'apôtre qui montre son dos lascif (Jean, le sixième à partir de la gauche, seul homme de la pub) se tourne vers un lieu mystérieux.

Dans cet espace fermé, aucun point ne fait trou. Il n'y a pas de tension dans le plaisir que nous éprouvons à regarder. Il n'y a ni singularité, ni subjectivité.

 

 

 


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