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de Jacques Derrida

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Van Gogh, la différance                     Van Gogh, la différance
Sources (*) : Oeuvre, arrêt, différance               Oeuvre, arrêt, différance
Jacques Derrida - "La vérité en peinture", Ed : Flammarion, 1978, p325 Van Gogh, la loi de l'excès

[On ne peut arrêter le mouvement de sérialité différentielle des tableaux de chaussures de Van Gogh]

Van Gogh, la loi de l'excès
   
   
   
Van Gogh, les souliers Van Gogh, les souliers
Un concept d'oeuvre de Jacques Derrida               Un concept d'oeuvre de Jacques Derrida    
Derrida, la peinture                     Derrida, la peinture    

Dans son texte de 1978, Restitutions, dernier article du recueil La vérité en peinture, Derrida s'intéresse à la série des tableaux de chaussures de Van Gogh. Quelle série? Faut-il seulement retenir les tableaux nommés, déclarés, intitulés "chaussures", ou toutes les chaussures qu'il aura peintes, même non détachées du corps? Il y en aurait alors un très grand nombre, comme Derrida le signale (p420).

Supposons qu'on fasse la liste des tableaux où les souliers sont "retirés". Nous en avons pour notre part trouvé 11, dont la liste figure . Le catalogue La Faille en trouve 8 dans son édition de 1939, puis 9 dans son édition de 1970, sans compter le premier tableau de Vincent, peint à l'âge de 28 ans, qui montre déjà des souliers. Schapiro, qui écrit en 1968, se limite aux 8 du premier catalogue La Faille. Quant à Derrida, il n'en reproduit que 7 dans son livre. Il en omet 3 cités par Schapiro (Nature morte avec casserole en terre, bouteille et sabots, Les Souliers de 1887, Une paire de sabots en cuir de 1888) et 1 qui manque aussi chez Schapiro (Nature morte avec chou, sabots et pommes de terre, le premier de la série). Dans cette affaire de séries, les omissions ne sont pas sans importance ni sans effet, comme l'explique Derrida dans le même recueil La vérité en peinture à propos du Pocket-Sized Tlingit Coffin de Gérard Titus-Carmel, autre histoire de cordelettes dans laquelle l'objet qui sert de modèle, le paradigme, s'est retiré (à moins qu'il n'ait été mis à mort). Qu'ont de commun les 4 retirés par Derrida? Il n'y a pas de lacets. Ce sont des godasses sans lacets, mal venues dans un texte qui traite du reste, de l'abandon, du détachement, du délaissement et du délaçage, bref de tout ce qui chemine sans adhérer au sol. Certes Derrida compense en donnant une autre liste de 9 paires de sabots en bois peints par Van Gogh (pp377-8) : des vrais souliers de paysan ou de paysannes. Mais il ne fait que les citer car ils sont dépourvus de lacets, alors que tout son argument repose sur l'entrelacs dedans/dehors, ce qu'il appelle la stricture.

Car tout commence avec l'Origine de l'oeuvre d'art, texte où Martin Heidegger commente en une vingtaine de lignes un tableau de Van Gogh (selon Meyer Schapiro, il s'agit des Vieux Souliers aux lacets). Schapiro lui reproche de couper ce tableau de son contexte et d'y projeter ses propres fantasmes. Ce ne sont pas des souliers de paysan, mais ceux du peintre. Pour mettre cette peinture à sa place, il faut l'insérer dans la série des tableaux du même peintre. Mais il y a une difficulté, explique Derrida : c'est que Schapiro commet le même abus à l'égard de Heidegger. Il sépare les paragraphes qui portent sur le tableau de Van Gogh de leur contexte philosophique, de leur chemin de pensée, de la série des analyses faite par Heidegger. Schapiro se débarrasse de la philosophie, il en arrête le mouvement, pour en rester à l'expertise picturale. Dans les deux cas la peinture est soumise à une forme de savoir académique. Ils négligent le fait que les tableaux de Van Gogh [en tous cas ceux que Derrida retient dans sa propre série] sont délacés, délaissés, défaits, désoeuvrés. Les chaussures sont boîteuses, dépareillées, détachées du corps, comme celles de Magritte. Et pourtant, d'une certaine façon qui n'est pas celle de la marche courante, et bien qu'elles n'arrivent jamais à destination, elles sont en mouvement, elles marchent. Ni présentes, ni absentes, elles n'entrent dans aucun couple d'oppositions. On ne peut les restituer ni à un paysan, ni au peintre, ni à aucun sujet, mais à une hantise. Elles ne disent rien, elles font parler.

Si les tableaux de Van Gogh sont des oeuvres, au sens de Derrida, c'est-à-dire quand la différance est impossible à arrêter, alors ils sont irréductibles à ce qu'en disent les deux compères Schapiro et Heidegger. Sauf que, quoiqu'en dise Schapiro, Heidegger va plus loin. Comme Origine de l'oeuvre d'art, ces souliers ouvrent un abîme.

 

 

Arrêter le mouvement, c'est ce que voudraient faire les savants, les historiens de l'art comme Panofsky ou Schapiro, les philosophes comme Heidegger.

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Propositions

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Ce qui va par deux n'est pas nécessairement une paire : comme les chaussures de Van Gogh, ça ne marche pas, ça boîte

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Les Vieux Souliers de Van Gogh, disparates et dépareillés, nous laissent dire ce qu'ils sont

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Les chaussures de Van Gogh sont le support anonyme, vidé, d'un sujet absent dont le nom revient hanter la forme ouverte

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Le pari impossible des chaussures de Van Gogh, c'est que, même dépareillées et disparates, elles font marcher

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Il appartient à la structure d'une oeuvre de n'arriver pas toujours à destination : nul ne peut s'ajuster à sa pointure, pas plus qu'à celle des "Souliers" de Van Gogh

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Le dépareillé induit à penser la vérité de la paire, tout comme le hors d'usage exhibe l'utilité, et le désoeuvrement expose l'oeuvre

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Les "Vieux souliers aux lacets" de Van Gogh sont un reste, un supplément pur, sans rien à cadrer ni à suppléer : un parergon sans ergon

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La paire, fétichisée, rive à l'usage, tandis que le dépareillé oeuvre selon la logique du parergon : il met en mouvement

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L'oeuvre ne joue pas dans une logique de la coupure, mais de la stricture : entrelacer la différance sans la suturer

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Les chaussures de Van Gogh sont hantées, elles sont la revenance même

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En vérité, les souliers de Van Gogh font parler, jusqu'au fou rire et à l'hallucination

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Heidegger et Schapiro veulent tous deux s'approprier les chaussures peintes par Van Gogh

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La chaussée sur laquelle cheminent les pensées est comme la série des chaussures de Van Gogh : jamais lacées, elles n'adhèrent pas au sol

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Les chaussures peintes n'appartiennent ni à un corps, ni à un pied, on ne peut les restituer ni à un sujet ni à un signataire

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