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Sources (*) : Derrida, marque, re - marque, itérabilité               Derrida, marque, re - marque, itérabilité
Jacques Derrida - "Schibboleth, pour Paul Celan", Ed : Galilée, 1986, p96

 

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La poésie, la littérature, l'art même, c'est l'expérience comme telle de la mort, du deuil, de la pire des pertes, celle qui ne laisse que des cendres, des mots incinérés sans sépulture

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Le schibboleth de Jacques Derrida Le schibboleth de Jacques Derrida
               
                       

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Tout poème est daté. Une date, connue ou inconnue, y est commémorée. Elle revient à travers le poème, elle s'y inscrit, mais cette inscription est aussi un effacement. A la façon d'un nom propre, la date efface cela même qu'elle désigne. Avec l'opération spectrale des mots, c'est l'origine qui revient, et aussi la perte inéluctable de l'origine. Inéluctable, ici, veut dire sans reste. La cendre n'est pas ou elle n'est presque rien, la restance du reste (p77). Par les mots du poème, la date s'anéantit, elle brûle par le dedans, elle n'est plus rien, elle est réduite en cendres. De ces cendres, on ne peut même plus faire son deuil, il faut se résoudre au deuil du deuil.

Avec l'écriture poétique, c'est aussi l'anniversaire, l'alliance, le retour, la commémoration de la date qui s'inscrit. Même réduite en cendres, on peut encore bénir la date. Pour définir l'essence du poème, Jacques Derrida avance une formule : la bénédiction des cendres. Les religions, avant même de s'instituer, ne bénissent-elles pas, elles aussi, les dates, les noms et les cendres? Ne bénissent-elles pas les traces, dans leur illisibilité même (p72)? La bénédiction n'est pas réservée aux personnes, on peut aussi bénir une chose, un "quoi". Mais le "quoi" touche au "qui", car à travers la date de l'autre, c'est sa singularité qu'on bénit, son schibboleth qu'on fait circuler, ici et maintenant. Le schibboleth dit "je suis". Cette "voix de personne", le nom de rien, implore, prie. C'est elle qui donne cette date qu'elle bénit.

 

 

A la cendre qui symbolise le deuil impossible, Derrida associe la pire des cendres, l'holocauste (p83). Ces noms effacés, sans sépulture, ces "Cendres. / Cendres, cendres. / Nuit. / Nuit-la-nuit" (le poème Asche, Nacht de Celan) c'est l'"enfer de notre mémoire". Derrida (à la suite de Celan) n'hésite pas à associer ces morts sans sépulture aux mots sans sépulture. Le poème n'est pas une épitaphe. Il franchit une limite, au-delà du deuil. C'est ce franchissement qui, peut-être, caractérise l'art : quand reviennent la marque ou le trait comme tels, on ne peut ni les introjecter, ni les incorporer à la manière d'un deuil réussi (freudien) qui efface leur altérité. On ne peut que les oublier complètement, ou les laisser revenir - tout autres.

 

 

 


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