Accueil
Projet
Derrida
Œuvrance
Sources
Scripteur
Mode d'emploi
 
         
           
Lire Derrida, L'Œuvre à venir, suivre sur Facebook L'activité du site, suivre le blog

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, la déconstruction                     Derrida, la déconstruction
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2016, Page créée le 28 août 2005 La stratégie politique de la vaccination

[Derrida, la déconstruction]

La stratégie politique de la vaccination Autres renvois :
   

Derrida, l'indéconstructible

   
   
                 
                       

1. Elle est irréductible à une définition.

En entrant dans le langage courant, sous son propre nom ou d'autres comme celui de déconstructivisme, la déconstruction a-t-elle perdu son tranchant? Peut-être pas, car elle est toujours aussi difficile à définir : ni une analyse, ni une critique, ni une interprétation, ni une méthode, ni une thématique, ni une théorie, ni même une philosophie... Derrida semble avoir utilisé toutes les ficelles de la théologie négative pour éviter qu'elle ne se fige dans une positivité. La déconstruction n'est rien, en tous cas rien de substantiel, jusqu'au moment où elle produit l'événement qu'on n'attend pas.

Alors : Qu'est-ce que la déconstruction? On ne peut pas l'enfermer dans une question sur l'Être - ce serait (re)tomber dans l'onto-théologie. Certes, elle interroge le logos, les institutions sur lesquelles il repose et tout ce que la voix présente peut charrier : vérité, être, vie, discours, écriture courante, certitude, etc..., y compris les éléments les plus usuels comme le mot ou le signe. Mais ces éléments sont transformés. Il ne s'agit pas d'expliquer, mais de déplier, de rendre compte de l'héritage dont le texte est le gardien. Pour cela Jacques Derrida introduit d'autres concepts : l'archi-écriture (où se défont les significations), la trace, la lettre, le gramme, l'autre, la différance, l'itérabilité, le supplément, le parergon, etc...

Il est pourtant arrivé un moment, à la fin des années 1980, où il s'est résolu à évoquer la déconstruction elle-même, si quelque chose de tel existe. Pour répondre à certaines dérives déconstructionnistes, voire à certains arguments anti-déconstructionnistes, il s'est résolu (sous certaines réserves sans cesse réaffirmées) à réintroduire le verbe Être, celui de la définition :

- la déconstruction, a-t-il dit, c'est Plus d'une langue. En laissant en elle une figure auto-interprétative déployer sa nécessité, sans se soumettre à quelque méta-discours que ce soit, elle s'apparenterait à une sorte de traduction des héritages parvenus jusqu'à nous - traduction aussi nécessaire qu'impossible. A sa façon unique et idiomatique, elle ferait survivre plus d'une voix.

- puis est venu cet autre aphorisme, pas moins énigmatique : La déconstruction est la justice. L'un comme l'autre s'impose performativement, comme la loi. Une force fondatrice, un acte de foi qui opère au bord du langage, dont le fondement n'est pas rationnel mais mystique, introduit une tension entre une justice qu'on ne peut "adresser" qu'indirectement, de manière oblique (l'expérience de l'impossible) et un système du droit (le possible). Si l'on prend au sérieux la justice, elle franchit toutes les limites : adulte/enfant, homme/femme, humain/animal, etc... Elle affecte toutes les partitions qui instituent le sujet humain.

 

2. Ça se déconstruit.

Dans un troisième aphorisme, Derrida a défini la déconstruction comme ce qui arrive. Aucune raison, aucune causalité ne permet de l'anticiper dans le système en place. Quand elle arrive, le processus est déjà entamé. L'événement a déjà lieu, dans notre présent, il affecte l'expérience même du lieu. Ça se déconstruit. Tous les champs sont affectés (entre autres) : le politique (et son concept même), les valeurs qui soutiennent le système de l'art et celui de la littérature, les discours sur l'amitié. Le droit est contaminé, le souverain se divise, multipliant les formes et les antagonismes. Les bords ou parerga d'une oeuvre se dédoublent : le bord interne est affecté par le dehors et le bord externe par le dedans (double invagination). C'est une expérience de déconstruction dont aucun texte ne peut se dissocier. Chacun en fait l'expérience de lui-même, sur lui-même, il s'affecte, s'auto-hétéro-déconstruit.

Pourquoi faudrait-il déconstruire? D'où viendrait cette injonction, cet impératif? De l'autre, du tout autre. Il n'y a ni preuve, ni certitude. On ne reconnaît ce "Il faut" qu'à l'impossibilité d'y répondre.

Déconstruire un concept, ce n'est pas le détruire. C'est parfois aussi réaffirmer la force de ce concept. Exemple : déconstruire la démocratie, c'est prend en compte les singularités anonymes et irréductibles qu'une certaine démocratie tend à oublier.

Chaque fois, c'est un événement. La science, la technique, l'informatique, le machinisme et les médias entretiennent les turbulences qui déstabilisent l'écriture. Le cinéma n'est pas en reste : il contribue au mouvement par sa technique du montage/démontage. Même la calculabilité est en crise. [Pour Derrida, même si ce type d'événement se multiplie aujourd'hui, on ne peut pas en faire le signe d'une époque : il y a toujours eu de la déconstruction. Elle est aussi immémoriale que moderne].

Et en plus, sans vouloir en faire une ultime justification, on peut ajouter que, quoiqu'éloignée de toute mystique et sans prétendre à l'extase, la déconstruction peut donner du plaisir.

 

3. Limites.

Toute déconstruction commence par déconstruite ce qui se présente comme l'indivisibilité d'un seuil ou la solidité d'un fondement. A priori, aucune limite n'est indivisible, aucun système, concept ou oeuvre n'est à l'abri d'une transformation. Derrida multiplie les mots pour nommer ces frontières ou démarcations toujours complexes, multiples, mouvantes : liminaire, marge, ligne, limen, bord, démarcation, etc. Une frontière n'est jamais un simple trait, c'est une limitrophie elle-même travaillée par la différance, qu'on peut analyser, décomposer, altérer. Mais ce travail n'est pas illimité. Il peut lui-même buter sur des bords. Il faut alors faire la part de la crypte, de l'indéconstructible.

 

4. Philosopher (ou pas).

Comment philosopher en déconstruisant le logos? Par une pratique double, à la fois intérieure et extérieure au logocentrisme.

- de l'intérieur, en s'appuyant sur les coins négligés du texte (une mémoire déjà à l'oeuvre dans l'oeuvre), sur ses apories, sur ses résonances (le commentateur déconstruit le texte en le laissant intact), sur les spectres qui gisent dans le langage, sur les auteurs qui ont anticipé son mouvement (Marx, Freud, mais aussi Jean Genet), sur le potentiel qu'il met en oeuvre, sur l'instabilité des limites (parergon), et aussi en critiquant les appareils théoriques qui résistent à la déconstruction (par exemple le structuralisme). Cette phase de renversement - qui ne détruit pas la valeur de vérité - est indispensable. Elle fait glisser les éléments du système jusqu'au point où ils s'épuisent.

- de l'extérieur, en désorganisant les systèmes, en suspendant l'ordre et l'autorité des savoirs. Il faut travailler les écarts, déplacer et renverser l'ordre conceptuel, intervenir sur les restes, les concepts qui résistent à l'organisation dominante, et aussi les contextes. Il ne s'agit pas alors de déconstruire l'archive, mais le principe même de l'archive. Un seul auteur ni un seul texte n'y suffisent pas.

Il en résulte que la pensée déconstructrice dit "Oui" à la philosophie, mais sans partager avec elle aucun autre contenu que cet engagement, ce gage qu'elle donne.

En rapport essentiel avec la pensée même, qui est faite d'additions et de suppléments dangereux, et avec l'itérabilité générale du langage, qui déplace et déjoue les limites oppositionnelles, la déconstruction favorise l'irruption de l'événement irréductible, singulier - au plus près possible d'un idiome ou d'une signature. Elle s'appuie sur la crise actuelle, linguistique et aussi machinique, pour défaire l'opposition classique de la vérité et de l'apparence, résister à la volonté moderne de tout calculer, de tout programmer y compris l'invention, et pour ouvrir un autre espace théorique.

L'université devrait être un lieu de résistance critique, déconstructive, où le principe de liberté inconditionnelle de questionnement, de proposition et d'invention trouverait à s'appliquer.

 

5. Evénement.

On expérimente la déconstruction, chaque fois unique. Elle est ce qui arrive, quand ça arrive. Pour la mettre en oeuvre, il n'y a ni règle, ni procédés, ni technique, mais une quasi-règle : ce qui, chaque fois, vient en plus, opère comme irruption de l'autre, disjonction, commotion.

Si la déconstruction se voulait possible, elle se présenterait comme un ensemble de procédures avec leurs méthodes, leurs pratiques et leurs chemins balisés. Mais sa visée, l'expérience qu'elle invente, n'est pas celle-là : c'est celle de l'autre. Se laissant contaminer, parasiter par cela même qu'elle déconstruit, elle s'écrit au futur, mais sans maîtriser ce futur. Pour préparer la venue de l'autre sans l'inscrire dans un horizon préalable, elle doit inventer l'impossible. C'est sa loi, sa seule dignité.

L'axiome de la déconstruction, à partir duquel elle s'est mise en mouvement, c'est l'ouverture de l'avenir. C'est un axiome inconditionnel, indémontrable. Comme la justice, il engage au-delà du droit, de la norme, du temps. Toute mise en oeuvre - par exemple la démocratie à venir - laisse ouverte cette exigence.

 

6. Mises en oeuvre.

La déconstruction a toujours été à l'oeuvre. Prendre acte de l'illégitimité des frontières et distinctions, accueillir l'étranger, l'hôte incompréhensible qui arrive sans prévenir et parle autrement, décloisonner, c'est chaque fois nouveau, mais chaque fois un projet infini, quasi messianique.

Il y a, dans toute oeuvre, de la déconstruction. Ce qui rend les oeuvres, aujourd'hui plus que jamais, énigmatiques, c'est qu'elles se déconstruisent elles-mêmes. Même la censure ou l'interdit comportent en elles une contre-force déconstructrice.

Quand le mouvement est lancé, quand la déconstruction devient un motif, de nouvelles possibilités de renvoi à l'autre émergent. Une autre logique s'impose qui n'est plus une logique, mais une graphique de la restance.

Le style de la déconstruction exige le respect du droit de l'autre à la différence. Sa responsabilité, c'est de ne rien soustraire aux questions déconstructives. Du thème, du texte ou du concept en cause, il faut refuser de faire une totalité close.

 

7. Qui déconstruit?

Pratiquer la déconstruction, c'est aussi la déconstruire. Cela implique sans doute de s'interroger sur la personnalité et la biographie de Jacques Derrida, d'analyser les conditions dans lesquelles il l'a inscrite dans l'autre tâche qu'il s'est donnée : réparer l'injustice. On ne peut séparer cela de la restance, chez lui, d'un "être-juif" exilé, sans demeure. Mais peut-être la déconstruction aurait-elle pu naître ailleurs, dans d'autres contextes.

 

 

--------------

Propositions

--------------

-

La déconstruction n'est pas une méthode : elle est l'ouverture d'une question, c'est-à-dire rien

-

L'axiome de la déconstruction, ce à partir de quoi elle s'est toujours mise en mouvement, c'est l'ouverture de l'avenir

-

"La déconstruction est la justice" - partout où la déconstruction est possible comme expérience de l'impossible, il y a la justice

-

Si j'avais à risquer une seule définition de la déconstruction, je dirais sans phrase : "plus d'une langue"

-

L'émergence d'une écriture non phonétique inaugure la déconstruction de toutes les significations du logos, dont celle de vérité

-

L'itérabilité, qui déplace et déjoue les limites oppositionnelles, est en rapport essentiel avec la force de déconstruction

-

On ne peut penser la "pensée même" que par les additions et suppléments dangereux à l'oeuvre dans le "et" : plus d'un, de deux, de trois; plus d'une voix, plus d'une langue, etc...

-

La forme du livre est désormais soumise à une turbulence générale : en l'interrogeant pratiquement, le procès d'écriture doit aussi la démonter

-

La déconstruction est une pensée de l'origine et des limites de la question : "Qu'est-ce que?"

-

On n'explique pas un texte, mais on peut rendre compte de son héritage, le "déplier"

-

"Il n'y a pas de hors-contexte"; déconstruire, c'est prendre en compte cette "structure a priori" dont l'analyse n'est jamais politiquement neutre

-

Si la déconstruction est toujours déjà à l'oeuvre dans l'oeuvre, il suffit de faire oeuvre de mémoire pour savoir déconstruire

-

La pensée déconstructrice de la trace se porte au-delà de l'opposition entre le travail vivant et le spectre

-

La déconstruction, qui se donne pour tâche l'expérience de l'autre comme invention de l'impossible, ne désire pas le possible, mais l'impossible

-

Déconstruire la déconstruction, ce serait pousser aussi loin que possible un discours hyper-athéologique, tout en ne cessant de méditer la culture abrahamique

-

Le messianique en général (sans contenu) est la structure formelle, indéconstructible, de la promesse émancipatoire, qui conditionne un autre concept du politique et de la démocratie

-

De la déconstruction, il y en a toujours à l'oeuvre dans les oeuvres - elles se déconstruisent elles-mêmes

-

Le "parergon" opère comme un "pharmakon" : il démonte les oppositions conceptuelles les plus rassurantes - y compris entre ergon (oeuvre) et parergon (cadre)

-

Il y a, dans la déconstruction, une figure auto-interprétative [auto-affection] qui n'impose sa nécessité qu'en accumulant les forces qui tentent de la refouler [auto-immunité]

-

Pour la déconstruction, le problème de la justice est essentiel - même s'il ne peut être "adressé" qu'indirectement, de manière oblique

-

Le champ textuel marqué par la déconstruction est groupé : un seul auteur est incapable d'y pratiquer l'écart de la dissémination, il est impossible d'y "faire le point"

-

Dans tout texte ou oeuvre, une double invagination est toujours possible; elle est alors le récit, en déconstruction, de la déconstruction

-

[La déconstruction s'apparente à une traduction nécessaire et impossible, interdite et imposée, dont la tâche serait de faire survivre et croître les oeuvres de la tradition]

-

Décloisonner, c'est rouvrir la plaie de ma circoncision, cette scission sublime

-

Si la déconstruction, c'est "ce qui arrive", on ne peut déconstruire qu'à partir de ce qui arrive, aujourd'hui, dans le monde

-

L'"avoir-lieu" de la déconstruction, c'est l'enregistrement de cette "chose", la trace qui trace, où l'événement affecte l'expérience même du lieu

-

Une déconstruction n'est, chaque fois, que "ce qui arrive quand ça arrive"; elle ne met pas en oeuvre une technique ni une méthode, mais un style

-

Une déconstruction conséquente est une pensée de la singularité, donc de l'événement

-

Chaque événement de déconstruction est singulier, au plus près possible d'un idiome ou d'une signature

-

Le développement accéléré du cyberespace, de la nouvelle topologie du virtuel, affecte l'expérience du lieu et produit une déconstruction pratique du politique

-

L'exercice de la responsabilité, théorique et éthico-politique, prescrit de ne rien soustraire a priori aux questions déconstructives

-

La déconstruction s'est construite comme une démarcation à l'égard du structuralisme

-

Toute déconstruction commence par déconstruire l'indivisibilité d'un seuil et la solidité d'un fondement

-

Il y a quelque chose de pourri au coeur du droit : une contamination différantielle qui ruine les oppositions, une déconstruction à l'oeuvre

-

La question de la justice conduit à déconstruire toutes les partitions qui instituent le sujet humain : adulte/enfant, homme/femme, humain/animal, etc...

-

Le mot est l'unité de la phonè et du sens; il fonde le privilège de l'être, qui ne résiste pas à sa déconstruction

-

L'époque de l'opposition de la vérité et de l'apparence est un temps historique déconstructible

-

A travers deux ruptures historiques majeures, les grands discours canoniques sur l'amitié fondent et déstabilisent d'innombrables oppositions, peut-être toutes

-

S'"il faut la vérité" - comme "il faut du langage" et comme "il faut parler" -, c'est pour la déconstruire

-

Déconstruire, c'est se préparer à la venue de l'autre : le laisser venir, "invenir", hétérogène et incalculable

-

La déconstruction est une singulière aporie qui se laisse contaminer, parasiter par cela même qu'elle déconstruit

-

Dans chaque déconstruction singulière, le mouvement d'une division fait apparaître l'impossible comme la seule possibilité digne de ce concept ou de ce thème

-

La justice est indéconstructible pour Jacques Derrida comme la pitié était innée pour Jean-Jacques Rousseau

-

La justice est indéconstructible, mais il faut la penser en déconstruction, dans un au-delà du droit qui est excès, disjointure, dislocation

-

[La déconstruction se déconstruit, c'est sa loi : jusqu'au point-limite où elle se retourne contre elle-même]

-

Il y a, dans l'opération déconstructrice, un "Il faut"; il faut obéir à ce "Il faut", mais il est certain qu'il ne sera pas prouvé

-

La déconstruction, ce n'est pas seulement plus d'une langue, c'est déjà plus d'une voix

-

La déconstruction ne conteste ni ne détruit jamais la valeur de vérité; elle la réinscrit dans d'autres contextes interprétatifs et différantiels

-

Avec la déconstruction, quelque chose arrive à la langue : jouissant d'elle-même, elle accueille un hôte incompréhensible qui l'oblige à parler autrement

-

Dans l'événement aporétique, la parole s'affecte du dehors, sa valeur d'acte et de vérité se déconstruit

-

La restance n'est pas, stricto sensu, un concept - car le concept de "concept" dépend de la logique déconstruite par "la graphique de la restance"

-

La déconstruction ne s'"applique" jamais de l'extérieur; c'est l'expérience qu'un texte fait de lui-même, sur lui-même

-

En donnant à lire comme symptômes les textes de notre culture, le travail de déconstruction donne un grand plaisir

-

Il reste à penser ce qui se passe aujourd'hui, dans la modernité, au moment où la déconstruction devient un motif

-

Remettre en question le signifié transcendantal, c'est reconnaître que tout signifié est aussi en position de signifiant; c'est déconstruire, avec le signe, tout ce qui lie notre culture

-

La déconstruction trouve, dans la logique spectrale, au coeur du présent vivant, son lieu le plus hospitalier

-

La déconstruction ressemble à une philosophie, une théorie, une méthode, mais elle ne l'est pas, elle est la déstabilisation en cours des "choses" mêmes

-

Il s'agit, avec les concepts de la déconstruction, de transformer l'espace logique habituel, d'organiser l'espace théorique des Lumières modernes de façon quasi transcendantale

-

Il n'y a pas "la" souveraineté, mais des formes de souveraineté qui entament et déconstruisent déjà le concept pur de souveraineté, indivisible et inconditionnel

-

La stratégie générale de la déconstruction est double : intervenir en renversant les hiérarchies; désorganiser les systèmes en explorant les écarts

-

La déconstruction n'est pas une décision volontaire ni un commencement absolu : elle s'entame selon des lignes de force localisables dans le discours à déconstruire

-

Les mouvements de déconstruction ne sollicitent pas les structures du dehors; ils n'ajustent leurs coups qu'en habitant ces structures

-

La déconstruction comporte une phase indispensable de renversement, afin de s'emparer des moyens d'intervenir dans le système

-

Déconstruire, c'est faire glisser les concepts jusqu'à leur point de non-pertinence, leur épuisement, leur clôture

-

En son essence, le savoir est souverain; suspendre l'ordre du savoir, son autorité, penser ses limites, les passer, c'est disqualifier la majesté souveraine

-

La déconstruction a une structure de double marque (double lecture, double écriture et double science) : l'une intérieure au logocentrisme (système d'oppositions), l'autre extérieure

-

La déconstruction ne consiste pas à passer d'un concept à un autre, mais à renverser et déplacer un ordre conceptuel - qui peut s'articuler à un ordre non conceptuel

-

Par son intervention, la déconstruction greffe sur d'anciens concepts des restes irréductibles à la hiérarchie dominante, qui résistent à l'organisation logocentrique

-

Il n'y a pas de règle à la déconstruction, mais une "quasi-règle" : chaque fois un ajout, une conjonction (un "et"), opère comme menace, disjonction

-

Les deux règles de la lecture critique : respect du droit à la différence de l'autre; ne pas faire du texte une totalité close et indéconstructible

-

La pensée déconstructrice dit "Oui" à la philosophie, ce qui l'engage envers cet autre, sans partager avec elle aucun autre contenu que ce gage donné

-

[La déconstruction ne revient pas à un sujet, à un moi ou à une conscience : ça se déconstruit, c'est en déconstruction]

-

La censure ou l'interdit comportent en eux la contre-force déconstructrice qui permet à la chose interdite de se dire ou se déchiffrer

-

La littérature ou l'art sont souvent porteurs d'une déconstruction générale à quoi résistent les appareils conceptuels

-

Tout texte, toute signature opère comme la police par rapport au droit : réitération d'un acte violent qui ruine les distinctions sur lesquelles il s'appuie!

-

Dans le mot "déconstruction", les portées grammaticale, linguistique ou rhétorique sont associées à une portée machinique

-

La déconstruction, n'est-ce pas une mise en crise de l'unité "heure", cette réponse humaniste à la question posée depuis le Moyen Âge au sujet du travail?

-

Une préface ne se réduit pas à la présentation d'un texte : il en reste quelque chose, hors-livre, un déchet, une tombée qui chute comme une écorce vide

-

La déconstruction se distingue d'une analyse ou d'une critique en ce qu'elle touche à des structures, des institutions et pas seulement à des discours et des représentations

-

Déconstruire la question "Qu'est-ce que?", c'est s'attaquer à la racine de la philosophie comme enseignement (le phallogocentrisme), s'engager dans sa transformation positive

-

L'université moderne, qui fait profession de vérité, doit par principe se voir attribuer une liberté inconditionnelle de questionnement, de proposition et de déconstruction

-

L'université devrait être "sans condition" : un espace de résistance critique, déconstructrice, où s'élaborent de nouvelles Humanités, un nouveau concept de l'homme

-

L'exigence d'une démocratie à venir, c'est déjà la déconstruction à l'oeuvre

-

En déconstruisant le schème généalogique de la démocratie, on réaffirme la force inconditionnelle qui, ici et maintenant, prend en compte les singularités anonymes et irréductibles

-

Le concept même du politique est en cours de déconstruction

-

Nul n'a plus radicalement que Freud éclairé, déconstruit - mais aussi restauré - le principe archontique de l'archive

-

En déconstruisant le fonds textuel auquel Freud a puisé et n'a cessé de se référer, Derrida prend ses distances à l'égard de la psychanalyse

-

L'appareil théorique de Lacan, marqué par le logocentrisme de la parole pleine et de la vérité, résiste à une déconstruction générale

-

La logique de la spectralité est inséparable du motif de la déconstruction

-

Pour rendre compte des effets de virtualité, simulacre et spectralité, il faut que la déconstruction inscrive la possibilité de renvoi à l'autre, hétérogénéité, différance

-

L'évolution technique (ordinateur, Internet, images de synthèse) entretient une demande de déconstruction inégalée

-

Dans la "fleur" de Genet - qui, d'un coup de glas, ne signifie plus rien -, la déconstruction pratique de l'effet transcendantal est à l'oeuvre

-

La déconstruction d'un texte littéraire n'est pas une traduction, mais un geste qui laisse résonner, sonner comme un glas le texte de l'auteur, en s'effaçant devant lui

-

Par la déconstruction, Jacques Derrida a voulu réparer l'injustice faite à son père

-

Il y a deux façons d'être fidèle à l'esprit du marxisme : critique et déconstruction

-

La déconstruction n'a jamais été marxiste, pas plus que non marxiste, quoique fidèle à un certain esprit du marxisme

-

Le "messianique", c'est laisser venir l'autre, s'exposer à la surprise absolue de sa décision, sans rien en attendre

-

Avec la reproduction photographique, la valeur d'unicité et d'authenticité de l'oeuvre d'art se trouve déconstruite; le politique comme tel n'est plus dissimulé

-

L'héritage européen n'est pas un patrimoine, c'est un potentiel inépuisable de crise et de déconstruction

-

Jacques Derrida déconstruit, comme Aboulafia, le nom commun de dieu (Adonaï) pour laisser la dérive du nom suivre son cours (Yhvh)

-

Quand Derrida se réfère à la tradition juive, sa fidélité est celle de la déconstruction

-

La déconstruction derridienne résulte de la sécularisation des théories de la Cabale sur le texte

-

Il a fallu l'expérience directe de frontières et de distinctions illégitimes pour élaborer la déconstruction

-

L'"être-juif" déconstruit la distinction entre authentique et inauthentique, voire toute distinction conceptuelle

-

Que fait la déconstruction? Pour exorciser la mauvaise image du père, elle voyage dans la culture académique, elle l'ébranle par une violente commotion

-

La déconstruction, qui va toujours "avec" quelque chose d'autre, introduit dans tous les champs un principe de contamination, de transfert ou de traduction

-

La tâche du commentateur-déconstructeur est de laisser intact le texte qu'il commente, tout en l'envahissant, l'infectant, le parasitant, le co-signant

-

[Et si on prenait au sérieux la déconstruction?]

logo

 

 

 

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
 
   
   
Follow @pdelayin

 

 

 

 

 

   
 
     
 
                               
Création : Qylal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

Derrida
DerridaDeconstruction

AA.BBB

DerridaCheminements

DE.CON

ArchiOeuvreDecons

EB.LLK

AA_DerridaDeconstructionGenre = -